L’indice des prix à la consommation affiche +2,4 % sur un an en août, selon l’estimation provisoire de l’Insee. En juillet, la hausse s’établissait à 2,1 %. Cette accélération doit beaucoup à l’énergie, au rebond saisonnier des vêtements et aux produits frais.
Inflation : alimentation, carburant, prêt-à-porter en première ligne
🛢️ Le carburant flambe. Les effets de la guerre déclenchée fin février se font sentir à la pompe. Le détroit d’Ormuz reste fermé, les cours pétroliers montent, le gaz suit. Les prix de l’énergie, qui baissaient encore de 6,2 % en août 2025, sont repartis à la hausse.
🍎 L’alimentation n’est pas en reste. Les produits frais augmentent de 5,8 % sur un an, contre 3,8 % le mois précédent. Sur les étals du marché, les tomates, les courgettes et les salades pèsent plus lourd dans le panier. Les prix de l’ensemble de l’alimentation progressent de 1,1 % sur un an, une tendance qui interpelle les amateurs de cuisine de saison.
👗 Côté prêt-à-porter, le rebond est net. Après les soldes de juillet, les vêtements et chaussures voient leurs prix repartir. La baisse des produits manufacturés s’atténue : -0,4 % sur un an, contre -0,7 % en juillet.
Face au coût de la vie en hausse, comment s’adapter ?
Sur le marché, les regards changent. Marie-Anne, productrice en Normandie, observe que ses clients hésitent plus longtemps. « Ils demandent les prix, comparent, et reviennent souvent aux produits de base : pommes, poireaux, carottes. Les paniers sont plus légers, mais la qualité reste au rendez-vous. »
La hausse des prix ne condamne pas au renoncement. Quelques réflexes aident à préserver son pouvoir d'achat sans sacrifier la saveur :
- 🛒 Se fournir en circuits courts, là où les prix restent stables.
- 🍅 Cuisiner les légumes de saison, abondants et donc moins chers.
- ♻️ Réduire le gaspillage en cuisinant les restes.
- 📅 Planifier les repas de la semaine pour éviter les achats impulsifs.
- 🥕 Accueillir les fruits et légumes « moches », bons et souvent moins chers.
Ces gestes ne suffisent pas à tout compenser, mais ils limitent l’impact du coût de la vie. Côté carburant, le covoiturage et les transports doux méritent d’être envisagés, surtout pour les trajets du quotidien.
Les circuits courts ne sont pas une solution miracle, mais ils créent du lien. Et on y décroche parfois des tarifs plus doux, quand on achète en direct.
Pouvoir d’achat et consommation : les arbitrages forcés
Les prix des services freinent légèrement, à 2 % sur un an après 2,2 %. Le tabac, lui, reste stable avec une hausse de 3,3 %. Pour mesurer l’ampleur du phénomène, l’indice harmonisé avec la zone euro atteint 2,7 % sur un an, un niveau qui inquiète.
Cette inflation contraint les ménages à revoir leurs priorités. Le logement, l'énergie et l'alimentation pèsent plus lourd. Les dépenses de culture, de loisirs ou de soins sont souvent les premières sacrifiées. La consommation des Français se recentre sur l’essentiel.
Les tensions géopolitiques ne laissent entrevoir aucun répit à court terme. Le prêt-à-porter, lui, attend la fin des soldes avec la rentrée. Les familles arbitrent : une nouvelle paire de chaussures ou un plein de carburant ? Tragique mais réel.
Les chiffres qui montrent la hausse des prix à la consommation
Les détails du mois d’août ne sont pas encore tous publiés. Mais l’Insee confirme quelques tendances fortes. Sur un mois, les prix augmentent de 0,7 %, après 0,6 % en juillet. L’énergie repart à la hausse, les produits frais aussi. Les services restent stables, tout comme le tabac.
En un an, les écarts se creusent :
- 📈 Énergie : hausse marquée après des mois de repli.
- 🥬 Produits frais : +5,8 %, loin devant l’inflation moyenne.
- 👗 Habillement et chaussures : rebond après les soldes, mais reste en baisse annuelle.
- 💶 IPCH : +2,7 %, un signal pour la Banque centrale européenne.
Cette situation rappelle combien l’indice des prix à la consommation est devenu un sujet de conversation courant. Dans les files d’attente, aux caisses, sur les marchés, la question revient : où s’arrêtera cette inflation ?
La réponse viendra des prochains relevés. En attendant, chaque étiquetage est scruté, chaque prix comparé. La cuisine de saison, elle, garde son rôle : composer avec ce que la terre offre, sans brutalité.

Bretonne d’origine, ancienne pâtissière passée en maison étoilée, Océane écrit depuis huit ans sur la cuisine de saison et les producteurs français. Mère de deux enfants, elle cultive un potager à Quimper et chine de vieilles éditions du Larousse gastronomique.