Depuis jeudi soir, les perturbations s’enchaînent sur les TGV au sud de Bordeaux. Une panne d’alimentation électrique paralyse une partie du trafic ferroviaire entre Dax et Bordeaux. Les retards atteignent plusieurs heures, et les équipes de maintenance inspectent 160 km de voies pour sécuriser le réseau SNCF.
Dans le wagon 12 d’un TGV Hendaye-Paris, une maraîchère de Parentis-en-Born serrait contre elle une cagette de cèpes. Elle devait rejoindre Bordeaux-Saint-Jean pour le marché du matin. La rame ne bougeait plus depuis une heure. Autour d’elle, des voyageurs somnolaient, d’autres composaient avec les annonces répétées. Une scène devenue familière pour les habitués de la ligne.
Perturbations TGV au sud de Bordeaux : une panne d’alimentation électrique qui dure
L’incident a commencé par un impact de foudre sur une caténaire, à hauteur d’Ychoux, dans les Landes. Le courant a immédiatement coupé entre Dax et Bordeaux. Le TGV Hendaye-Paris, parti en début d’après-midi, s’est immobilisé vers 17h20. Les passagers sont restés près de cinq heures dans la rame, sans pouvoir descendre sur les voies.
Le jeudi soir, les premiers retards sont apparus. Puis les suppressions se sont enchaînées à la gare de Bordeaux-Saint-Jean. La foudre avait endommagé plusieurs installations électriques. La remise sous tension demandait des vérifications minutieuses, bien plus longues qu’un simple redémarrage.
Un impact de foudre à Ychoux, à l’origine de la panne électrique
La foudre est un classique des fins d’été dans les Landes. Mais cette fois, elle a frappé un point sensible. Une partie du système d’alimentation électrique a grillé, entraînant une coupure générale sur la ligne. Les agents du réseau SNCF ont dû sécuriser la zone avant de lancer les opérations de dépannage.
« On doit vérifier l’ensemble des installations », expliquait un technicien. Les caténaires, les transformateurs, les câbles d’alimentation : tout doit être contrôlé sur 160 km, entre Bordeaux, Arcachon et Morcenx. Une opération délicate, réalisée sous tension réduite.
Retards en cascade et trafic ferroviaire toujours perturbé sur le réseau SNCF
Les conséquences se sont étendues bien au-delà de la rame bloquée. Des TGV en provenance de Hendaye, d’Irun et de Tarbes ont accumulé des retards allant jusqu’à 11h30. Les voyageurs en correspondance ont manqué leurs trains. Les quais de Bordeaux-Saint-Jean se sont remplis de passagers en attente d’une solution.
TGV Hendaye-Paris bloqué : la longue attente des voyageurs
Dans la rame immobilisée entre Ychoux et Morcenx, l’ambiance est restée calme. Des familles avec enfants, des touristes de retour d’Espagne, et des habitués du trajet. Le conducteur a ouvert les portes pour faire entrer un peu d’air. Les plus patients ont partagé leurs provisions. La maraîchère, elle, pensait à ses cèpes qui commençaient à chauffer dans leur cagette.
Les passagers ont finalement été transbordés dans un autre train. Un voyage supplémentaire, au milieu de la nuit, avec des kilomètres de retard au compteur. Le dimanche suivant, un Intercités entre Bordeaux et Agen a connu le même sort. Près de cinq heures d’immobilisation avant un transbordement en pleine campagne.
Les bons réflexes pendant une interruption de train
Quand le trafic ferroviaire est interrompu, quelques gestes simples aident à tenir. Voici ce que les habitués conseillent :
- 🔋 Garder son téléphone en économie d’énergie : les prises ne suffisent pas toujours.
- 💧 Prévoir une petite bouteille d’eau et un en-cas sec, type noix ou fruits.
- 🧥 Toujours avoir un pull ou une veste, même l’été. Les rames peuvent refroidir vite.
- 🎧 Emporter un livre ou des écouteurs pour patienter sans stress.
- 📳 Activer les alertes de l’application SNCF et suivre les annonces en gare.
- ⏳ Ne pas hésiter à demander une attestation de retard pour son employeur.
Maintenance du réseau SNCF dans le sud de Bordeaux : entre la Gironde et les Landes
La maintenance du réseau est un travail de fourmi. Chaque caténaire doit être inspectée, chaque joint vérifié, chaque test répété. Les équipes travaillent de nuit, quand les trains sont moins nombreux. Mais une panne comme celle-ci réclame des moyens supplémentaires.
Les agents utilisent des drones pour survoler les lignes et repérer les points endommagés. Ils vérifient aussi les tensions mécaniques des câbles. Une mauvaise mise sous tension pourrait provoquer un nouvel incident. La prudence prime.
La ligne Bordeaux-Dax est stratégique. Elle relie le Pays basque, l’Espagne et tout le Sud-Ouest. Les Perturbations de cette ampleur rappellent la fragilité de certaines infrastructures. Sous les pins des Landes, le réseau électrique reste exposé aux caprices du ciel.
Quand la foudre s’invite dans l’assiette : l’impact sur les producteurs locaux
La maraîchère de la rame 12 n’était pas la seule à attendre. Dans les halles de Bordeaux, plusieurs producteurs ont vu leurs livraisons arriver en retard. Les cèpes, les cagettes de pommes, les fromages de brebis : tout ce qui devait voyager par le train a subi le contrecoup de la panne d’alimentation électrique.
Les locaux, eux, ont pris le relais. Sur les marchés de Facture-Biganos et de Morcenx, les clients ont pu acheter directement aux producteurs. Une belle leçon de résilience : quand le long courrier s’arrête, le circuit court redouble d’efforts. La saison des champignons, elle, ne pouvait pas attendre.
Voyager malin dans le Sud-Ouest quand les TGV sont perturbés
Un train annulé n’est pas une fatalité. Avant de partir, mieux vaut vérifier l’état du trafic sur l’application SNCF. Les horaires évoluent vite. Le jour du départ, une nouvelle vérification s’impose. Même constat sur place : les panneaux d’affichage des gares changent souvent.
Des alternatives existent entre Bordeaux et Dax. Le TER ou le bus peuvent remplacer le TGV sur certains tronçons. En cas de nécessité, le covoiturage fonctionne bien sur cet axe très fréquenté. L’essentiel est de garder une marge de manœuvre et de préparer son plan B.
Et si la panne vous prend au dépourvu, pensez au réflexe solidaire des voyageurs du Sud-Ouest. On se prête une batterie, on partage un sandwich, on surveille les bagages du voisin qui descend acheter de l’eau. Une certaine idée de la débrouille, bien connue des habitués des Landes.

Bretonne d’origine, ancienne pâtissière passée en maison étoilée, Océane écrit depuis huit ans sur la cuisine de saison et les producteurs français. Mère de deux enfants, elle cultive un potager à Quimper et chine de vieilles éditions du Larousse gastronomique.